Suite au conseil municipal tenu à huis clos lundi dernier,
dans un contexte surréaliste d’annonces, de propositions et de
contre-propositions, la directrice de cabinet du maire William Delannoy avait
promis que, DANS LA SEMAINE, nous serait proposé un rendez-vous. A ce jour
(samedi), cette promesse n’est toujours pas honorée. Nous allons donc, une
nouvelle fois, comme nous en avions convenu nous rassembler lundi, devant les
portes de la maison commune.
LE 8 JUIN NOUS ÉTIONS
UNE BONNE CENTAINE, SOYONS 200, 300 OU D’AVANTAGE LUNDI A DÉNONCER UN TEL MÉPRIS !
C’EST LE MOMENT DE
FAIRE DU BRUIT !
Ci-dessous le communiqué du DAL, initiateur de ce
nouveau rassemblement
Ce jour-là avait lieu un conseil municipal. Une suspension de séance
avait été déposée par le DAL, afin que la parole soient données aux mal-logés de
la commune ainsi qu’aux associations et collectifs de solidarité. Le maire,
William Delannoy ayant refusé sans préciser les raisons de ce refus, nous
étions donc une centaine, sinistrés du 17/19 rue Jules Vallès, habitants du « village »
Rrom dit d’insertion, habitants du CARA ainsi que leurs soutiens et simples
citoyens, à manifester devant la mairie, avant le conseil municipal. Puis,
banderoles et casseroles rangées, nous avons voulu entrer dans la mairie, en
tant qu’audoniens, audoniennes, venus assister au conseil. Mais les portes
de celle-ci sont restées fermées, la police municipale
et la police nationale en bloquant les entrées tout en repoussant violemment
celles et ceux qui protestaient contre cette interdiction d’entrée à l’hôtel de
ville, lors d’un conseil, interdiction parfaitement illégitime.
Lias Kemache, 1er adjoint, a alors
proposé qu’une délégation intervienne, mais le DAL, comme l’ensemble des
personnes présentes, exigeaient que les portes de la maison commune soient ouvertes
à l’ensemble des habitants désireux d’assister au Conseil. Nous avons donc refusé,
via le DAL, cette proposition. Plus tard, Denis Vemclefs, du groupe de l’opposition,
est venu nous faire part d’une déclaration du maire selon lequel le conseil était
prêt à nous recevoir avec les habitants. Mais les portes sont restées désespérément
closes et le conseil s’est déroulé, jusqu’au bout, à huis clos… Des audoniens
et audoniennes, présents lors du rassemblement, envisagent d’attaquer en
justice la municipalité pour cette fermeture
arbitraire lors d’un conseil municipal n’ayant pu se dérouler dans les conditions
légales d’accès.
La directrice de cabinet de maire a toutefois
promis qu’un rendez‐vous serait proposé par le maire, pour la semaine
prochaine. Nous attendons donc cette première
proposition.
De cette soirée mouvementée, il ressort qu’à l’heure actuelle non seulement
nous nous heurtons à la même fin de non recevoir concernant nos demandes,
réitérées, de dialogue avec les autorités municipales, mais que leur position
semble devoir se durcir encore : décider
de tenir à huis clos un conseil municipal à seule fin d’en interdire l’accès
aux mal-logés de la commune, est loin d’être anodin !
Les familles
Rroms étaient présentes en nombre lors de ce rassemblement, et
nous restons,
plus que jamais, mobilisés à leurs côtés (travail quotidien sur les dossiers, avocats,
courrier à la préfecture, médias,…).
Nous lançons,
une nouvelle fois, un appel à toutes les bonnes volontés : plus nous
serons nombreux et plus nous augmenterons les chances de ne pas voir les
familles expulsées sans solution de relogement, et les enfants absents des
écoles de Saint-Ouen, lors de la rentrée de septembre.
NOUS DEVONS
CONTINUER A NOUS MOBILISER !
Le Collectif de Solidarité aux Rroms
de Saint-Ouen en Danger
Saint-Ouen : 14 familles du village d’insertion rom bientôt à la rue
Nathalie Perrier | 08 Juin 2015, 19h36 | MAJ : 08 Juin 2015, 19h36
Saint-Ouen, lundi soir.
Le Dal et le collectif de solidarité avec les Roms, qui organisait ce
lundi une manifestation, réclament un logement pour les roms de l’ancien
village d’insertion qui doivent quitter les lieux début juillet. (LP/N.P.)
« Solidarité avec les mal logés ! ». L’association Droit au logement
et le collectif de solidarité des Roms de Saint-Ouen ont manifesté
lundi soir devant l’hôtel de ville où se tenait un conseil municipal.
Objectif : obtenir des solutions de relogement pour les 14 familles du
village d’insertion rom qui doit fermer ses portes début juillet.
Situé au 41, rue de Clichy, ce village a
ouvert ses portes en 2008, suite à l’évacuation du campement de la rue
Ardouin. Ce bidonville était alors le plus grand de France
: pendant deux ans, de 2007 et 2008, il a ainsi accueilli plus de 500
personnes. A l’époque, en contrepartie de son évacuation, la ville avait
créé ce village pour vingt familles, considérées comme les plus à même
de s’intégrer. Le projet, confié à l’association ALJ 93, a pris fin en
juillet 2013.
Pour autant, plusieurs familles continuaient à vivre
sur ce terrain. Quatorze d’entre elles y habitent toujours. Ce sont
elles qui sont aujourd’hui priées de quitter les lieux. Le terrain,
désormais propriété de la société d’aménagement La Sequano, doit en
effet accueillir un des programmes immobiliers du nouveau quartier des
Docks. Les travaux ont d’ailleurs déjà démarré autour du village.
Une
première mobilisation a eu lieu en mars. « Les familles auraient dû
partir en avril, mais, suite à la mobilisation du collectif, la
préfecture les a autorisées à rester jusqu’à la fin de l’année scolaire
», explique une des membres du collectif. Ce dernier réclame aujourd’hui
une solution de relogement pour toutes les familles.
« Elles ont
toutes fait des demandes de logements. Tous les enfants sont scolarisés,
parlent français, et une majorité d’adultes ont une maîtrise
satisfaisante de cette langue, argumente le collectif. Certains ont des
contrats de travail (CDI, CDD) et deux ont créé des petites entreprises.
La préfecture et la mairie doivent accéder à leurs demandes ».
Contactée, la mairie estime que ce dossier est du ressort de la
préfecture. Cette dernière n’a pas répondu à nos sollicitations.
Ce soir avait donc lieu, à l’initiative du DAL, un nouveau
rassemblement devant la mairie de Saint-Ouen. Pour mémoire, une demande de
prise de parole lors du conseil municipal se déroulant le même jour ayant été
refusé par la municipalité, s’ensuivit cet appel à rassemblement réunissant les
Rroms du « village » d’insertion, les habitants du 17/19 rue Jules
Vallès, et les habitants du CARA. Au-delà de leurs soutiens, c’est plus d’une
centaine de personnes qui ont donc répondu à l’appel du 8 juin.
Du fait de leur présence, le conseil municipal eut
finalement lieu à huis clos, pendant que la police se déployait autour de la
mairie… Nous publierons bientôt ici un résumé plus circonstancié de cette
soirée (photos, vidéos,...) qui, à n’en pas douter marque un tournant dans notre lutte pour éviter
toute expulsion, sans solution de relogements, des familles vivant au « village » !
Suite au rassemblement
du 23 mai dernier, le DAL Saint-Ouen a demandé par les voies officielles une
interruption de séance lors du prochain conseil municipal, prévu pour lundi, le
8 juin. Il s’agissait, lors de cette prise de parole, d’informer sur la situation
des habitants du « village d’insertion », celle des habitants des
immeubles des 17/19 rue Jules Vallès, celles des habitants du CARA. Nous
comptions demander à l’actuelle équipe municipale de clarifier ses positions
en matière de logement sur la ville : refus catégorique, de sa part,
concernant cette prise de parole.
Le Collectif de Solidarité
aux Rroms de Saint-Ouen en Danger appelle donc à se rendre au rassemblement initié
par le DAL,
lundi 8 juin, devant la mairie, avant et pendant le conseil municipal,
prévu pour 18 heures.
Puisqu’ils refusent de
nous entendre dans l’enceinte de la maison du peuple, c’est devant elle, sur le
parvis, que nous ferons entendre notre voix, en pleine convergence avec celles
des autres audoniens et audoniennes victimes de la politique du logement initiée sous Jacqueline Rouillon, continuée et amplifiée par William Delannoy.
Mais le travail du
Collectif ne se limite pas, bien entendu, aux appels à rassemblements : constitution
de dossiers de demandes de logement, travail avec les avocats, échanges avec
les associations,… se poursuivent, au
quotidien.
Un courrier au sous-préfet
directeur au projet des campements illicites (copie à William Delannoy) a été
envoyé la semaine dernière, exposant la situation du « village »,
soulignant l’absence de réponse et de réaction de la municipalité, pourtant
confrontée à l’urgence.
Des médias (presse, radio et télévision) ont
été contactés, des articles, des émissions, sont en voie de réalisation.
Le travail en cours est
donc d’importance, qui vise à éviter une expulsion brutale, sans solution
aucune, cet été.
NE RESTONS PAS A ATTENDRE QUE LE VILLAGE D’INSERTION
SE TRANSFORME EN VILLAGE D’EXCLUSION !
Nous avons besoin de
vous, d’un peu de votre temps et de vos compétences, puisque nous en
avons, tous et toutes… Pour l’heure, nous sommes trop peu nombreux pour faire
face aux différentes tâches, et vous êtes, par contre, des dizaines à vous déclarer
concernés, solidaires des familles que nous défendons. Ils ont besoin de vous
comme nous avons, tous, besoin d’eux.