samedi 29 août 2015

Quand la police met la pression...

Ce soir vendredi 28 août, à la veille du rassemblement de soutien aux familles Rroms qui campent place de la mairie depuis maintenant cinq semaines, une poignée de policiers municipaux et nationaux a débarqué devant les tentes aux alentours de 23 heures. Alors même que les enfants y dormaient avec leurs parents, ils ont exigé des familles qu'ils évacuent la place, tout de suite !

Renseignements pris, il s'agissait d'une demande de W. Delannoy, maire de Saint-Ouen-qui-n'est-pas-sur-Seine, inquiet que le spectacle d'une telle désolation humaine soit comme imposée aux traditionnels cortèges nuptiaux du samedi. Délicate attention à l'égard des futurs mariés et de leur invités, qui aurait pu cependant se traduire de façon bien différente que celle d'une descente policière, en commencement de nuit. La salle, demandée depuis des semaines, aurait pu être ouverte. Les familles et le Collectif auraient pu, ce vendredi, être prévenus de cette nouvelle volonté martiale d'une place débarrassée des Rroms dans la nuit précédent les cérémonies! Surtout, aucun mariage nocturne n'étant prévu ce jour, on aurait pu laisser s'appliquer dans les faits l'accord convenu depuis des semaines: laisser les familles tranquilles la nuit, et les laisser plier les tentes en début de matinée.

Ce nouveau coup de pression venant s'ajouter aux insultes essuyées mercredi par les Rroms (voir article précédent), les familles et le Collectif de Solidarité ne peuvent que constater une certaine nervosité de la part des autorités, qui ne devaient pas s'attendre à tant de détermination. Mariages mis à part (les samedis précédents, étrangement le problème ne s'était pas posé), nous constatons bien entendu que ce débarquement accompagné de menaces a lieu la veille du rassemblement de soutien. Un hasard, à coups sûrs...

Les soutiens présent à onze heures ont obtenu que les familles Rroms puissent rester cette nuit sur la place, à condition de les avoir repliées, samedi matin, à sept heures. A la demande d'un maire paraît-il rentré de vacances (quel suspense...), les enfants seront donc levés très tôt, après une nuit de tension.

Plus que jamais, le Collectif est au près des familles, comme hier sous la pluie, le vent, lorsque matelas, tentes, vêtements étaient trempés, qu'il a fallu en trouver d'autres, et des duvets également, avant de se réinstaller place de la mairie.

Plus que jamais nous comptons sur vous, sur votre humanité, pour venir demain samedi 29 août à partir de 15 heures manifester votre soutien aux familles Rroms expulsées du "village d'insertion", opposer une fin de non recevoir au projet d'une ville basée sur l'exclusion! 

jeudi 27 août 2015

CINQ SEMAINES SOUS LES TENTES , ET DEMAIN LA RENTREE SCOLAIRE...



RASSEMBLEMENT SAMEDI 29 AOUT, 15 HEURES, PLACE DE LA MAIRIE EN SOUTIEN AUX FAMILLES RROMS



Ce même jour, au même endroit, COLLECTE DE FOURNITURES SCOLAIRES PAR LE COLLECTIF DE SOLIDARITE.

Cela fera cinq semaines vendredi que des familles Rroms expulsées de l'ancien « village d'insertion » du 41, rue de Clichy dorment sous les tentes, devant la mairie, en attente d'une solution de relogement, d'un terrain, ...

Cette situation parfaitement insupportable qui voit, en plein cœur de la ville, des enfants dont certains très jeunes contraints de vivre dehors, sera sous peu compliquée encore du fait d'une rentrée scolaire hasardeuse. En effet, à l'heure où s'écrivent ces lignes, il n'est pas du tout certain que la totalité des enfants Rroms scolarisés dans les écoles et collèges de Saint-Ouen y retrouvent leur place, dès mardi. Document à l'appui, nous sommes même en mesure de prouver que la municipalité cherche à barrer la route de l'école à certains, en exigeant des pièces justificatives n'entrant pas dans le cadre d'une procédure classique d'inscription.

De ce fait, l'équipe municipale agit en toute illégalité, et prend le risque de se retrouver devant le tribunal administratif. A elle, dès lors, d'assumer des actes relevant ni plus ni moins de la discrimination la plus insupportable qui soit, puisque s'attaquant aux enfants, à leur parcours scolaire.

Depuis cinq semaines, nos différentes requêtes, nos différents courriers sont restés lettre morte.

Depuis cinq semaines, l'exigence minimale d'ouverture d'une salle temporaire permettant de mettre à l'abri, en urgence, les familles, n'a connu aucune réponse, pas même négative, de la part des autorités.

Depuis cinq semaines, la police municipale est présente chaque matin, histoire de maintenir une forme de pression sur les habitants des tentes qui pourtant, chaque matin, les plient, rangent matelas et couvertures, dégagent la place pour la journée.

Et pourtant, au matin du mercredi 26 août, des membres de la police municipale accompagnés de représentants de la police nationale n'ont pu s'empêcher d'insulter les Rroms présents, les traitant de « merdes », et précisant qu' « ici, ce n'est pas un camping, même si on mange bien (sic!), il faut dégager, maintenant ! ».

Ces propos, confirmés par plusieurs témoins, relèvent à minima du mépris, de la provocation lamentable. Il ne s'agit peut-être que d'un malheureux dérapage. Le Collectif de Solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger, tout en le dénonçant avec force, ne peut qu'espérer qu'il ne se renouvelle pas. Si tel était le cas, preuve serait faite que l'insulte, le rejet, plus encore la recherche d'un affrontement brutal avec les familles Rroms constitue l'unique « réponse » d'une municipalité dont l'autisme n'est plus à prouver.

Expulsées du « village d'insertion » (terrain et dispositif légal mis en place par les pouvoirs publics), contraints de dormir dans la rue, ignorés de ceux qui, en juin, feignaient de vouloir éviter l'expulsion ; inquiets d'une rentrée scolaire risquant de se solder par un nouvel échec, désormais menacées et insultées par la police, les familles Rroms de la place de la mairie n'en demeurent pas moins plus que jamais déterminés à continuer de camper face aux portes de la maison dite commune.

Elles appellent les habitants, les habitantes de Saint-Ouen à se rassembler largement samedi 29 août, 15 heures, pour exiger de l'équipe municipale non seulement une solution de relogement, mais également l'assurance, ferme et solennelle, que mardi matin TOUS les enfants Rroms dont les parents le souhaitent seront bel et bien accueillis dans les établissements scolaires de la ville.

RASSEMBLEMENT SAMEDI, 15 HEURES, PLACE DE LA MAIRIE

COLLECTE DE FOURNITURES SCOLAIRES

ILS VIVENT ICI – ILS VONT A L'ECOLE ICI – ILS RESTERONT ICI !

Le collectif de Solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en Danger

solidarite.roms.saint.ouen@gmail.com

lundi 24 août 2015

Un mois sous les tentes devant les portes d’une mairie fermée à toute humanité



Lundi 24 août : cela fait un mois, jour pour jour, qu’a eu lieu l’expulsion du village d’insertion du 41, rue de Clichy. Depuis, plusieurs familles campent place de la République, à quelques mètres des portes de la Maison Commune. 
Ce matin, la police municipale a une fois de plus exigé que soient repliées les tentes à l’intérieur desquelles s’éveillaient à peine les enfants. Il pleuvait, il ventait. Peu importe, l’essentiel était de faire place nette avant l’ouverture de portes lesquelles demeurent fermées aux demandes des familles Rrom.

Les membres de l’équipe municipale sont-ils à ce point heurtés par une telle détresse humaine qu’ils exigeraient qu’on leur en épargne la vue ? Sont-ils à ce point sensibles qu’ils n’aient pu, une seule fois, prendre sur eux et descendre ces quelques marches ?  Dommage. Leur émotivité les aura empêchés de constater, de visu, les effets de la politique calamiteuse menée par leur patron. De même, ni les élus ni le préfet ni le conseil de Sèquano, rassemblés en une même bande d’expulseurs, n’ont été jusqu’à aujourd’hui confrontés aux réalités que chaque audonien, chaque audonienne, peut constater lors de son passage sur la Place. L’extrême dénuement dans lequel se débattent les familles rassemblées là suite à l’expulsion du « village » se passe de tout commentaire. Il suffit de venir les voir, leur parler et les écouter pour comprendre instantanément l’absurdité totale de la situation, la nécessité d’y mettre un terme au plus vite par le biais d’un relogement. Nous parlons, là, d’enfants. Dont certains sont, ni plus ni moins, en danger. Qui risquent de tomber malades. Nous parlons de parents se débattant comme ils peuvent entre les difficultés d’un quotidien qu’on a peine à imaginer et la recherche de solutions. Nous parlons de Rroms et, en parlant de Rroms, nous parlons d’hommes !

Le Collectif de Solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger est au regret de constater qu’il n’a jamais autant mérité cette appellation.  L’automne approche. La pluie est là. Ni les tentes, ni les familles, qui estiment n’avoir plus rien à perdre, ne bougeront de la place de la mairie tant qu’une solution viable ne leur sera proposée. 

Alertés à plusieurs reprises par le Collectif, les pouvoirs publics ont fait le choix du mutisme. Ce choix, ils auront à l’assumer !

Ils vivent à Saint-Ouen ! Ils vont à l’école à Saint-Ouen ! 
Ils resteront à Saint-Ouen !

A la rentrée, les enfants des bidonvilles doivent pouvoir aller à l'école comme tous les enfants.

Le Collectif national Droits de l'Homme romeurope vient de lancer une pétition à ce sujet. A l'approche de la rentrée des classes, le problème revêt une importance cruciale notamment dans les villes de Seine-saint-Denis, suite aux expulsions de cet été.
Nous vous demandons donc de la signer et de la diffuser largement. 
Ci-dessous, le message du Collectif national, Adressée à Aux Maires de France, Recteurs d'Académie, Ministre de l’Éducation nationale

           Inscrivez tous les enfants à l'école

https://www.change.org/p/aux-maires-de-france-recteurs-d-acad%C3%A9mie-ministre-de-l-education-nationale-inscrivez-tous-les-enfants-%C3%A0-l-%C3%A9cole#petition-letter

vendredi 21 août 2015

La seule réaction de la municipalité se trouve donc sur facebook :

Une élue de la majorité, sans la moindre honte, qui confirme que la police de notre Ville, sur ordre du maire donc, est bien intervenue ce matin auprès des familles Roms pour leur demander de replier leurs tentes prêtées par Médecins du Monde. La police a menacé ces familles expulsées, dont un bébé de quatre mois, de les déposséder manu militari de leurs affaires s'ils se réfugiaient encore une fois sous leurs tentes alors que la pluie était en train de tomber. Une benne serait même mobilisée pour tout leur enlever. Quand je suis arrivé avec d'autres soutiens, le bébé de quatre mois, blotti dans une couverture, était sous la pluie en présence de sa maman. Voilà, même pas une once d'humanité dans les propos nos édiles.

samedi 15 août 2015

Et maintenant, La Courneuve...




Jacques Gaillot est donc passé hier vendredi sur la place de la mairie, à Saint-Ouen, s'entretenir avec quelques uns, quelques unes des Rroms qui y campent suite à l'expulsion du « village d'insertion », le 24 juillet dernier. Il a pu également rencontrer quelques élus de l'opposition municipale, mais ni le maire, en vacances, ni aucun adjoint. Sont-ils tous à la plage ? Après une année de dur labeur, il est bien naturel d'aller prendre un peu de repos au soleil. On a laissé ses ordres. Les expulsions se poursuivent. A vous la plage...

Quoi qu'il en soit de la vacance municipale, et alors que les Rroms audoniens entament ce samedi leur quatrième semaine de « camping » place de la mairie, le journal Libération nous rappelle que Le Samaritain, bidonville de La Courneuve essentiellement peuplé de Rroms, risque l'expulsion à partir d'aujourd'hui, les derniers recours en justice étant épuisés (article à lire dans sa totalité, rubrique «revue de presse »). Ce lieu a huit ans d'existence. Il est organisé. Des rues, une place, et même une église. Avec l'aide d'associations et de soutiens divers, un projet parfaitement viable de « sortie du terrain », sur trois ans, a été présenté, défendu, de façon très concrète parce que viable et susceptible d'être financé à moindre coûts, mais le maire Gilles Poux (PC) n'en veut pas. La lecture de l'article vous permettra, peut-être, de découvrir les raisons de ce refus, en ce qui nous concerne nous y avons renoncé.

L'exclusion, le rejet, la xénophobie rance d'une France pour l'heure essentiellement tsiganophobe, ne connait aucune frontière en matière de droite ou de gauche. Le traitement réservés aux habitants des campements de fortune, à celles et ceux qui travaillent, scolarisent leurs enfants, est le même quelle que soit la couleur politique de l'équipe municipale.

Après Aubervilliers, Bobigny, Saint-Ouen, ce serait donc le tour du bidonville de La Courneuve ? A suivre, de très près.

mercredi 12 août 2015

Mgr Gaillot à Saint-Ouen vendredi

Jacques Gaillot, évêque de Partenia, compagnon de route de longue date des Sans-Droits, Sans-Papiers, Sans-Logement, viendra vendredi 14 août à 19h30 rencontrer les Sans-Logis place de la mairie, à Saint-Ouen.

Il avait manifesté son soutien aux familles Rroms expulsées de l'ancien "village d'insertion" par l'envoi d'un texte (lire ci-contre, rubrique "courriers des soutiens").
A cette occasion, Jacques Gaillot  rencontrera les familles Rroms encore présentes sur la place, et qui entameront ce jour-là leur quatrième semaine de campement devant les portes de la mairie, la maison commune.

Ils dormiront là une nouvelle fois à moins que, d'ici-là, l'équipe municipale n'ait daigné répondre au courrier envoyé par le Collectif de Solidarité, demandant l'ouverture, en urgence, d'une salle ou d'un terrain permettant d'accueillir de façon provisoire mais humaine, ces familles, ces enfants.

CONTINUEZ D'ECRIRE, DE PASSER, DE TELEPHONER A LA MAIRIE AFIN D'EXIGER L'OUVERTURE DE CETTE SALLE, DE CE TERRAIN!

CONTINUEZ DE SIGNER ET DE FAIRE SIGNER LA PETITION!

Rassemblement, chaque soir, à partir de 18h30 pour rencontrer les familles, leurs soutiens, le collectif de solidarité.