vendredi 24 juillet 2015

Vendredi 24 juillet 10h00

Ce jour à 10h00 les forces de l'ordre ont évacuées le village d'insertion de Saint-Ouen, sans solution de relogement. 
Plus d'informations dans les heures à venir, ci-dessous la dépêche AFP.

  immigration-minorités-Roms
 Saint-Ouen: des Roms restés sur le terrain d'un ancien village d'insertion  expulsés

 Bobigny, 24 juil 2015 (AFP) - Une cinquantaine de Roms, qui demeuraient sur  le site d'un village d'insertion créé pour eux en 2008 à Saint-Ouen  (Seine-Saint-Denis) et fermé depuis 2013, ont été expulsés vendredi en vertu  d'une décision de justice, a-t-on appris de sources concordantes.

 Ce campement, installé rue de Clichy sur un terrain désormais propriété de  la Société d'économie mixte Séquano, était jusqu'en juillet 2013 l'un des  premiers villages d'insertion construits pour les Roms en Seine-Saint-Denis.  Il accueillait 18 familles. "Depuis la fermeture en 2013, quelques familles étaient restées sur place. 

 56 personnes ont quitté les lieux ce matin sans incident: 17 hommes, 18 femmes et 21 enfants", a déclaré à l'AFP la préfecture de Seine-Saint-Denis. Les résidents de ce campement devenu illicite, qui vivaient dans les  préfabriqués de l'époque, étaient sous le coup d'une ordonnance du tribunal de  Bobigny, demandant l'évacuation du terrain pour que Séquano puisse poursuivre  l'aménagement immobilier du tout nouveau quartier des Docks, à Saint-Ouen. 

"Les forces de l'ordre sont arrivées ce matin, personne n'était prévenu.  Les habitants ont récupéré rapidement des affaires et ils ont dû sortir  précipitamment", a affirmé à l'AFP un porte-parole du "Collectif de solidarité  avec les Roms de Saint-Ouen en danger", qui était sur place. Selon ce militant et l'avocate des Roms, Marie Cuilliez, une rencontre  devait avoir lieu prochainement entre la mairie, la préfecture, le  propriétaire du terrain et une délégation d'habitants pour trouver une  solution. "On n'est pas dans un campement sauvage. Les gens qui sont là avaient été  triés sur le volet pour faire partie du village d'insertion, ils sont bien  insérés à Saint-Ouen", a poursuivi le porte-parole, regrettant un  "désengagement" des pouvoirs publics et de nouvelles familles "à la rue". 

Me Cuilliez a déploré "une trahison". "Depuis le début, mes clients ont  respecté le contrat, ils ont mis leurs enfants à l'école, payent leurs impôts,  l'Urssaf. Un accord de principe a été rompu", a-t-elle déclaré à l'AFP.  Selon la préfecture, une réunion avait eu lieu au mois de mai pour les  avertir d'une évacuation imminente, mais pas en période scolaire, et "toutes  les règles de droit ont été respectées" avant l'expulsion.  "Ces familles, suivies depuis des années, ont refusé de s'inscrire dans le  parcours de réinsertion", s'est défendue la préfecture. La Seine-Saint-Denis, qui comptait 143 camps en 2013, en recense  aujourd'hui environ 45 pour moins de 2.400 Roms, selon la préfecture.

jeudi 23 juillet 2015

Expulsions, suite...

Ce matin a Montmagny 300 Rroms ont été expulsés du terrain qu'ils occupaient. Ci-dessous le communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme.

 Montmagny - Vallée de Montmorency
Une centaine de familles Rom a été expulsée aux alentours de 6 h ce matin, du lieu d’occupation au 1 rue Tesson Villiers, dans la commune de Villiers Le Bel (municipalité PS). Cette expulsion fait suite à une ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Pontoise, en date du 26 juin, qui semble t-il n’a jamais été mise à disposition des familles Roms concernées. 
Cette expulsion, qui jette à la rue plus de 300 personnes, femmes, une vingtaine de bébés et plus de 60 enfants âgés de moins de 12 ans, revêt un caractère offensant aux droits humains les plus élémentaires.   Ces familles en détresse, avec leurs bébés et leurs enfants, errent en ce moment même dans les rues de Villiers Le Bel, Sarcelles et Pierrefitte sur Seine (Seine Saint Denis). 
Alors que le gouvernement avait promis le relogement des familles avant toute expulsion, nous observons dans ce cas précis, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.    
Par ailleurs, sachant les risques d’agressions, notamment à Pierrefitte, là où un jeune Rom a été violenté physiquement au point de finir dans le coma, il est plus qu’indispensable que ces familles soient protégées par les pouvoirs publics.

mercredi 22 juillet 2015

Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville


-                                           -
Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville
Paris, le 20 juillet 2015
Un grand nombre de bidonvilles est expulsé sans solution d’hébergement ou de relogement pour les personnes, dans l’indifférence estivale.
Une situation dramatique qui vient de frapper de plein fouet 450 personnes à Nantes, 180 personnes à Marseille dont la moitié sont des enfants, 500 personnes à Chelles, 150 personnes à Ris-Orangis, 100 personnes à Ivry-sur-Seine, 50 personnes à Aubervilliers, Bordeaux, le Havre et Logne…
Une situation dramatique qui pèse également aujourd’hui sur plus de 400 personnes à Grenoble dont 160 enfants, comme vient de le dénoncer le maire de Grenoble dans une lettre ouverte au Président de la République, mais aussi 240 personnes dont 100 enfants à La Courneuve, 300 personnes à Saint-Denis, 200 personnes à Bordeaux, à Nantes…

Chaque expulsion est un nouveau drame humain pour les familles qui sont forcées de trouver, en urgence, un autre abri de fortune sur un nouveau terrain ou dans les rues des grandes agglomérations en rompant avec toute attache territoriale. Ces opérations policières ont des conséquences humaines et psychologiques importantes pour ces familles sans cesse sous pression. Elles aggravent la situation des personnes en interrompant le suivi social et sanitaire organisé par les associations. Elles renforcent également l’exclusion de nombreux enfants en empêchant leur accès durable à l’école.

Chaque expulsion est un nouvel échec en matière de politiques publiques : qui peut encore croire que la destruction des bidonvilles fait disparaître la misère ?

Alors que cette politique répressive a montré toute son inefficacité, le Collectif national droits de l’Homme Romeurope et le Collectif des associations unies demandent au gouvernement la mise en œuvre immédiate d’un moratoire sur les expulsions tant que des solutions dignes d’hébergement, de logement et d’accompagnement social ne sont pas proposées aux familles.

En France, en 2015, environ 20 000 personnes vivent en bidonville. L’accès à des conditions de vie dignes et à l’insertion est possible pour ces personnes si l’Etat et les collectivités locales se mobilisent. Il n’en reste pas moins que la stabilisation des personnes et la sécurisation de leurs lieux de vie (accès à l’eau, à l’électricité, ramassage des ordures, sanitaires) sont les conditions indispensables pour qu’enfants et adultes accèdent à leurs droits (école, emploi, santé…). Comment suivre une scolarisation régulière, trouver et/ou garder un emploi et être suivi médicalement lorsqu’on est condamné à l’errance ?

A ce jour, la circulaire du 26 août 2012 qui prévoyait un accompagnement social et une anticipation des expulsions n’a pas produit les effets positifs attendus. Il est donc désormais impératif de rompre avec une approche fondée sur les expulsions systématiques qui finissent par créer les phénomènes qu’elles prétendent pourtant endiguer.

Le Collectif des associations unies et le CNDH Romeurope rappellent que notre République est fondée sur le respect de la dignité et des droits humains pour toutes et tous et qu’il est de notre devoir de proposer ensemble un accompagnement vers l’hébergement et le logement aux familles vivant aujourd’hui dans les bidonvilles. 

 Stoppons les expulsions sans solutions !

La Folie à Bobigny

Article extrait du journal Libération

A Bobigny, l'évacuation de l'un des plus anciens camps de Roms
LIBERATION AVEC AFP 21 juillet 2015 à 19:16 

Sur le camp de Roms de la Folie (Bobigny), lors de l'évacuation du 21 juillet.

 (Julien Mignot) 

Installé depuis plusieurs années, ce bidonville a accueilli jusqu'à 200 personnes. Cinquante ont été évacués ce mardi, sans proposition de relogement.
Elle était annoncée : l'évacuation d'un bidonville de Roms installé à Bobigny (Seine-Saint-Denis) depuis sept ans a eu lieu ce mardi matin. Parmi la cinquantaine de personnes, majoritairement bulgares, qui y vivaient, figue le jeune Slavi, 10 ans, que nous avons suivi pendant six mois.
Les forces de l’ordre sont arrivées vers 10H30 dans ce camp dit de «La Folie», à l’entrée de la commune populaire de Seine-Saint-Denis, propriété de la Société d’économie mixte (SEM) Séquano, et sous le coup d’une décision de justice ordonnant l’expulsion. Environ cinquante personnes, entourées de représentants d’associations de défense des Roms, étaient présentes mardi matin.
«Des parents sont revenus à Bobigny car l’école c’est un point important. Ce camp n’était pas le plus sûr, beaucoup disaient qu’il y avait une mauvaise ambiance et faisaient tout pour partir. Ceux qui restent sont les situations les plus désespérées», selon Véronique, une enseignante de l’école Marie-Curie, qui scolarise de nombreux enfants Roms à Bobigny.
Assises sur le trottoir, avec poussettes, valises et sacs remplis d’effets personnels, les familles expulsées, «entre 10 et 20» selon l’association «Les enfants du Canal», ont regardé la pelleteuse procéder à la destruction du terrain, voué à accueillir des logements et des commerces. Le campement a accueilli jusqu'à 200 personnes, notamment en octobre 2014 après l'évacuation d'un autre bidonville, les coquetiers.
Photo Julien Mignot

Pas de proposition de relogement
Comme l’oblige la circulaire de 2012, qui prévoit l’accompagnement des familles roms, un diagnostic social a été effectué avant le démantèlement mais «il n’a pas pu être mis en oeuvre complètement car deux agents ont été agressés sur le terrain», affirme le préfet de Seine-Saint-Denis, Philippe Galli.
En l’absence de proposition de relogement pour ces familles, des représentants de la Direction régionale et interdépartementale pour l’hébergement et le logement (Drihl) étaient présents pour «proposer des solutions d’urgence aux plus vulnérables», a-t-il ajouté.
Ce camp est le 44e à être évacué en Seine-Saint-Denis depuis le début de l’année. Le département, où se trouvaient 143 camps en 2013, en compte aujourd’hui 46 pour 2 400 Roms, selon la préfecture. Près de 4 000 Roms ont été évacués de 37 campements ou lieux de vie par les autorités en France, soit en moyenne 150 par semaine, durant le premier semestre 2015, selon la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

lundi 20 juillet 2015

Bobigny, expulsion demain : Appel à soutien.



 Ci-dessous un communiqué du collectif Roms et Bulgares de Bobigny, appelant à présence mardi matin suite aux menaces d'évacuation de la Folie.
 
Les habitants du bidonville situé à la Folie à Bobigny ont été avertis d'une évacuation prévue ce mardi 21 juillet au matin. 

18 des familles qui vivent là ont occupé ce terrain après leur expulsion du Pont de Bondy en 2012.  D'autres les ont rejointes au fil des évacuations, dont, l'an dernier,  des familles venant des Coquetiers. Ce qui montre que les évacuations à répétition ne servent à rien : les habitants de La Folie s'ajouteront aux 3947 personnes expulsées de leurs lieux de vie au premier semestre 2015, dont 65% en Ile de France,  selon un recensement de la LDH et ERRC, si aucune proposition pérenne alternative au bidonville ne leur est faite. Sept ministres avaient pourtant signé en 2012 une circulaire exigeant la recherche de solutions avant les expulsions, mais les habitants de la Folie n'ont reçu aucune proposition. 

A la Folie, vivent des personnes âgées malades, de très jeunes enfants, des élèves d'au moins trois écoles de la ville (Marie Curie, Pasteur, Victor Hugo). Cette expulsion n'aura pour résultat que de les rejeter vers plus de précarité, dans un autre bidonville. 

Nous serons présents et nous vous appelons à nous rejoindre pour leur témoigner votre soutien mardi matin à partir de 7h00 au Pont de la Folie, rue de Paris à Bobigny (bus 147, arrêt  La Folie).


Le Collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny.
Contact : Baptiste Pascal d'Audaux, 06 31 40 64 40

dimanche 19 juillet 2015

Et maintenant Bobigny…



Après l’évacuation des campements d’Aubervilliers et d’Ivry-sur-Seine, c’est celui de la rue de la folie, à Bobigny, qui se profile à l’horizon. Mercredi 15 juillet, la police est en effet passée là-bas afin de signaler aux habitants qu’ils devaient avoir quitté les lieux le lundi 20, au plus tard, pour une évacuation prévue le mardi 21, soit dans deux jours. Le Collectif de là bas suit de près l’évolution de la situation, les volontaires de RomCivic seront présents lors de l’expulsion, car si quelques familles sont déjà hébergées, d'autres n'ont aucune perspective. 

Pendant ce temps, à Saint-Ouen, nous sommes toujours sans nouvelles de la municipalité, malgré la promesse faite par le maire il y a maintenant trois semaines d’organiser une réunion entre les diverses parties, propriétaire du terrain et préfecture compris. Le Collectif a envoyé une lettre à ce sujet, vous la trouverez à droite de cette page, rubrique « courriers ».  

vendredi 10 juillet 2015

Expulsions : à qui le tour ?



Ça n’aura pas traîné. A peine achevée l’année scolaire, le coup d’envoi fut donné mercredi 8 juillet des évacuations de campements Rroms, tradition estivale désormais bien ancrée dans les habitudes. Porte d’Aubervilliers, d’abord. Puis, dès le lendemain, Ivry-sur-Seine. Retour sur ces deux expulsions.

                                                                                                                                                   (photo D.Maunoury)
 
Porte d’Aubervilliers, c’est une soixantaine de Rroms qui furent encerclés par les forces de police, au matin du mercredi 8. Prévenus la veille de l’expulsion, le collectif RomParis n’avait eu que la nuit pour prévenir de l’imminence de l’opération. La mairie avait, elle, dépêchée quatre représentants, et la préfecture le directeur de cabinet du préfet. Empêtré dans une liste d’habitants visiblement non mise à jour, peu enclin au dialogue, il a ordonné l’évacuation d’un terrain pratiquement désert, puisque les habitants, par sécurité, s’étaient pour la plupart réfugiés dans le square du Millénaire. Aucun dispositif d’aide d’urgence et encore moins de relogement n’avait été prévu, et des familles avec enfants se sont retrouvés à la rue, une nouvelle fois. Sur la totalité, seules trois familles avec bébés se sont vues proposer un hébergement en hôtel. Nouveau cafouillage, et mauvaise gestion : les trois familles ont erré d’hôtel en hôtel, avant de pouvoir se poser. D’autres familles se sont installées sous des tentes, dans le parc de la Villette, au niveau de la Cité de la Musique.
(source : romeurope)

A Ivry-sur-Seine, c’est le lendemain, dans la matinée de jeudi qu’a eu lieu l’évacuation. Elle concernait, à l’origine, environ 300 personnes. Mais comme souvent beaucoup d’entre elles n’avaient pas attendu l’arrivée des forces de l’ordre (impressionnantes en nombre) pour prendre les devants et quitter les lieux, s’éparpillant dans d’autres campements de la région parisienne, ou se retrouvant sans solution, à la rue. Dans ce cas comme dans le précédent, aucun dispositif particulier n’avait été prévu en matière d’hébergement, si ce n’est quelques nuits d’hôtel : belle générosité que l’on appréciera à  sa juste mesure en citant le cas de ce couple, parents de onze enfants, et qui eut l’audace de refuser une chambre prévue pour eux et la petite dernière, les dix autres enfants se retrouvant livrés à eux-mêmes. Ce refus fut dénoncé par le représentant de la préfecture, lequel en fit l’exemple de la mauvaise volonté que met cette population à accepter la main tendue…
(source : France Inter)

Ces deux nouvelles expulsions n’ont rien d’exceptionnel, ni dans les arguments avancés pour y recourir, ni dans la manière dont elles furent conduites, ni dans les « résultats », calamiteux qu’elles ont produites. A Aubervilliers, à Ivry, des familles étaient installées depuis 4, 5, 7 ans, et des enfants scolarisés. Péniblement, pas après pas, ces gens se bâtissaient une nouvelle vie, basée sur les promesses faites par des autorités qui, disaient-elles, les aideraient à s’intégrer. Avant de changer d’avis, avec brutalité, et de les renvoyer à une précarité extrême, brisant au passage les parcours scolaires des enfants.
La pause estivale ne fait que commencer, et le « grand ménage » est déjà engagé. Maintenant, à qui le tour ? A Saint-Ouen ?